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Rae Sremmurd au Cabaret Sauvage

Rae Sremmurd au Cabaret Sauvage

Face au succès mondial du morceau « Black Beatles » les Rae Sremmurd exécutent une tournée affichant complet dans chaque ville où ils jouent. Résumé de leur concert à Paris le 25 janvier 2017 dernier.

C’est en septembre 2016 qu’on apprenait que Swae Lee et Slim Jimmy se produiraient dans la capitale française et dans de nombreuses villes européennes en ce début d’année 2017. Mais ce n’est qu’en novembre dernier que leur album SremmLife II (sorti pendant l’été) a reçu l’ovation du public qu’il méritait. Se retrouvant sur chaque vidéo du Mannequin Challenge, le titre « Black Beatles » s’est ainsi hissé en tête des charts du classement Billboard Hot 100 avant d’être détrôné par « Bad & Boujee » de Migos au début du mois.

La tournée ayant été annoncée avant la déferlante médiatique à laquelle les deux frères ont fait face, les salles dans lesquelles ils étaient à l’affiche ont ainsi écoulé l’intégralité de leurs stocks de billets. On aurait pu donc supposer que Live Nation (le promoteur du groupe) allait reprogrammer la tournée dans des salles plus grandes mais ce n’a malheureusement pas été le cas. Ce mercredi 25 janvier, les Rae jouaient donc dans la salle du Cabaret Sauvage à Paris. En 2015, ils s’étaient déjà produits dans le Parc de la Villette, dans un Trabendo à peine rempli pour un concert devant initialement avoir lieu au Bataclan. Toujours en 2015, c’est à l’Olympia à l’occasion du festival Paris Hip Hop et aux côtés de Big Sean et G-Eazy que les frères Brown avaient pour la première fois foulé la scène française.

Un troisième concert à Paris donc pour les deux jeunes hommes qui assument une success-story presque imprévue. Imprévu c’est aussi le mot qui vient à la bouche lorsqu’après avoir fait une entrée en scène fracassante sur « Start a Party » et « No Flex Zone » la sono du Cabaret lâche. Accapella ils entament ainsi le refrain de « Come Get Her » jusqu’à ce que le son revienne enfin.

Armé de bouteilles de champagne et d’ananas, le duo n’a pas changé : faisant gicler les spiritueux au dessus des premiers rangs pour le plus grand malheur des photographes accrédités. Si en 2015 les fruits étaient en plastique, ce soir au Cabaret ce sont bien des vrais ananas qui sont explosés par terre et lancés dans le public… une idée originale.

Le show se poursuit avec l’interprétation dans une hystérie presque chaotique de « By Chance » , l’un des premiers single de leur second albumEn plus d’être le nom de leurs CDs, la SremmLife est aussi un concept. Avec le SremmLife Tour II, Rae Sremmurd promeut une soirée invitant à la décadence et à l’interaction oubliant les codes de la réalité. Slim Jimmy, le plus âgé des deux frères ne fait qu’un avec les spectateurs et saisit à de nombreuses reprises les téléphones des premiers rangs pour offrir des Snapchats à ses fans.

« My X » , « Real Chill » , « Throw Sum Mo » s’enchaînent et on arrive sur « Swang » : un track plus posé sur lequel les têtes fatiguées d’être secouées peuvent enfin se reposer. Plus tôt pendant le concert, Slim fait monter un fan sur scène pour l’inviter à sauter dans la foule lors du beat-drop. Malheureusement l’animation ne fonctionne pas comme prévu et l’adolescent se retrouve bloqué entre les barrières et la scène, vite évacué par la sécurité qui doit en plus faire face à différents malaises dans la salle.

Swae Lee et son frère sont désormais tous les deux torse-nu dégoulinants de sueur et entament « Do Yoga » avant de balancer « Came A Long Way » . On ressent une différence notable entre l’interprétation des titres du premier opus du groupe et des tracks du second. En effet, l’engouement des rappeurs semble plus fort lorsqu’il s’agit de performer leurs récentes compositions. On retrouve cette énergie particulière sur « Blasé » , le morceau phare de Ty Dolla $ign sur lequel ils sont en featuring et qu’ils exécutent en live avec force et vigueur.

La fin de la performance approche lorsque « No Type » débute plongeant ainsi le public dans une extase qui atteint son apogée avec « Black Beatles » . Le titre arrive comme une évidence pour conclure les 75 minutes de show. Les deux artistes quittent la scène rapidement, laissant derrière eux de vastes flaques d’eau ou de champagne et des restes d’ananas déchiquetés.

Les lumières se rallument et le DJ, toujours sur scène fait passer un morceau pas encore commercialisé d’une collaboration entre Rae Sremmurd, Gucci Mane et Kendrick Lamar sur une instrumentale produite par Mike Will Made It. Peu réactif, le public se presse pour regagner la sortie de la salle dans laquelle il fait une chaleur suffocante.

Face à leur nouvelle renommée, les Rae Sremmurd offrent donc un concert bourré d’énergie et de folie. La performance reste quelque peu confuse par moment. Les ananas en plastique de 2015 sont devenus réels et c’est presque un symbole. La SremmLife semble ainsi être un concept pérenne que les deux frères ne sont pas prêts d’enterrer : à quand la troisième édition ?

Retrouvez plus de photos du concert de Rae Sremmurd au Cabaret Sauvage dans la galerie photos dédiée.

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Rédacteur en chef et photographe pour enjoytheshow.net.

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